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Sans jamais négliger la richesse et la diversité de la production artistique de Giuseppe Penone, c'est la cohérence de sa démarche dont il s'agit de rendre compte à partir du commentaire d'une oeuvre réalisée en 1990, Foglia del cervello. Suivre le parcours de l'artiste, et les indications qu'il donne à travers les notes qui accompagnent ses travaux, c'est ici discuter « l'égalité avec les choses » affirmée par Penone comme ce qui anime tout son cheminement. Parce qu'il se détache de toute convention, parce que son oeuvre n'appartient à aucun genre, Penone rend possible l'étonnement. Le point de départ de Foglia del cervello est une réflexion sur l'esprit, sur l'art comme cosa mentale. L'oeuvre produit la confusion en donnant à penser, en se jouant de tout ce qu'elle suggère, en obligeant surtout à penser l'espace. Foglia del cervello se présente comme un paysage, et comme le grand dessin des nervures d'une feuille. Qu'en est-il de son espace, et de la temporalité qu'elle déploie, de la mémoire qu'elle découvre ? Elle pose ces problèmes, et celui de ses conditions d'exposition, celui du rapport entre son projet et son exécution. Elle brouille les catégories et elle contrarie la distinction trop commode du naturel et du culturel. Réalisé à partir du relevé d'une empreinte, le cheminement semble suggérer une unité entre physique et métaphysique, entre le toucher et le visible, lorsque, dans le travail, toutes les fa- cultés de l'esprit sont requises, l'oeuvre se faisant aussi par un engagement de tout le corps. La toile n'est pas seulement parcourue des yeux ; elle devient l'espace immense d'un libre acte de parcours.